Ca bouge dans l’union !

Du 30 au 31 janvier 2017, les chefs d’État africains se réunissaient à l’occasion du 28e sommet de l’Union Africaine  à AddisAbeba, en Éthiopie. Loin du brouhaha des réunions de famille et du ramdam habituel des précédentes rencontres, ce sommet fut haut en couleurs et riche en émotions.

Malgré les basins chics, les nombreux costumes trois pièces, les voitures de fonction et le traiteur, rien n’a visiblement empêché nos vaillants représentants de parlementer et de réfléchir sur le devenir du continent.

Jeu de chaise musicale dans l’exécutif, le président tchadien Idriss DEBY ITNO cède le tipoye à Alpha CONDE, le nouveau président de l’Union africaine.

Concernant le renouvellement de la Commission de l’Union africaine, c’est Moussa FAKI,  candidat de la Communauté économique des États d’Afrique centrale et ancien ministre des affaires étrangères, qui prend la présidence de la Commission.

Exit la femme du Natal, NKOSAZANA DLAMINI-ZUMA, ancienne ministre sud-africaine des affaires étrangères. Première femme de l’histoire à avoir présidé la Commission, elle est à la fois l’ex-muse et l’ex-épouse d’un président zoulou très populaire auprès des femmes.

Les nouveaux présidents essayeront de donner un coup d’accélérateur à la formation de la future ZLEC (Zone de Libre Echange Continentale), grand projet de commerce interafricain débuté en 2015.

Cette nouvelle zone de libre-échange et de commerce interétatique est censée aboutir, sur le long terme, à la formation d’un marché commun ainsi qu’à la création d’une union douanière à l’échelle du continent africain.

Cependant, c’est la réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine qui a été au centre de toutes les attentions. L’enfant prodigue est de retour après 32 ans de disputes sur l’admission, en 1982, de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de la défunte Organisation de l’Unité africaine (OUA).

Les Etats sahariens et subsahariens semblent mettre de côté leurs petits différends diplomatiques pour plus de réalisme dans les échanges commerciaux et de grands projets d’investissement à coup de dinars, de dirham, de dollars et de petro-CFA.

Au sortir de cette belle réunion familiale, de nombreux sujets sont laissés dans la calebasse, sous l’arbre à palabres de l’Union africaine.

Des thèmes qui reviendront sans doute alimenter les débats et les échanges durant les prochains sommets : Sortie du franc CFA pour les pays de la CEDEAO et de la CEMAC, la résolution pacifique des conflits armés et ethniques, le problème du terrorisme et de la piraterie dans les côtes africaines, l’épineuse  question de l’organisation transparente des élections en Afrique, etc.

On a beaucoup avancé mais chut ! Essayons pour une fois de rester optimiste. Un vent de changement a peut-être soufflé sur la jeune UA.

Que tous les vents marins du cap de bonne espérance viennent rallumer les flammes de l’espoir dans nos cœurs d’Africains !

Du sommet du Kilimandjaro aux gorges de KHERRATA, des plages de Port-au-Prince aux rues d’Harlem, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, nous serons toujours panafricains !

Qu’importe le nombre de sommets en Ethiopie, les défilés de mode de nos dirigeants en costumes de marque, l’Afrique se réveillera et relèvera, la tête haute, tous les défis du futur.

Ça bouge dans l’Union ! L’Union bouge !  L’Union fait la force ! La force fait l’Union !

 

Franck Zatonga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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