Des violences policières qui se perpétuent

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents, perdaient la vie en essayant de fuir la police, lors d’un contrôle d’identité. Ils s’étaient réfugiés dans un transformateur électrique à Clichy-sous-bois. Les jeunes hommes sont morts, électrocutés. Leur ami Muhittin Altun, lui aussi de la partie, était parvenu à s’échapper, malgré ses blessures. Il avait alors prévenu  les proches de Zyed et de Bouna. Les policiers sont repartis, alors que les jeunes hommes étaient en danger de mort.

 

Les policiers  impliqués dans cette affaire ont été relaxés le 18 mai 2015, dix ans après les faits. Aucune justice n’a  été rendue aux jeunes hommes décédés. Ils sont morts, traqués par la police.

12 ans plus tard, à Beaumont-sur-Oise, Adama Traoré meurt dans des conditions similaires. Le 19 juillet 2016 le jeune homme prend la fuite, alors qu’il se faisait contrôler par les gendarmes. Rapidement rattrapé par ces derniers, il est brutalement maintenu au sol, le poids des hommes l’empêche de respirer. Quelques heures plus tard, il décède d’une asphyxie.  Le plus troublant est le silence des autorités dans à cette affaire. Aucune poursuite n’a été lancée contre les forces de l’ordre. Pourtant, toute la famille d’Adama Traoré réclame justice.

L’histoire se répète. Le 2 février 2017, à Aulnay-Sous-Bois, Théo Luhaka est victime de la barbarie des policiers. Lors d’un contrôle d’identité, ils l’insultent, le tabassent et le violent en lui enfonçant une matraque dans l’anus.

Pourquoi ces violences policières ? On constate que les victimes ont le même profil : elles sont toutes d’origine étrangère. Le racisme serait-il la cause de ces actes honteux ?

Certaines voix s’élèvent, comme celle d’Assa Traoré. La sœur d’Adama milite  pacifiquement. Cette femme combative lutte pour  ceux qui, comme Adama, sont victimes des forces de l’ordre. Aujourd’hui encore, le frère aîné, Bagui, présent lors du contrôle de police qui coûta la vie à son cadet, est injustement incarcéré. Malgré les tentatives d’intimidation des policiers,  la famille Traoré ne baisse pas les bras, et résiste.

 

Cette série d’événements a provoqué la colère de la population. Déjà, en 2005, suite à l’affaire Zyed et Bouna, des émeutes embrasaient les banlieues. Des actes de vandalisme assumés, pour protester contre cette situation intolérable.

L’été dernier, la solidarité a rassemblé jeunes et vieux : ensemble, ils  réclamaient justice pour Adama Traoré.

A Pantin, le 11 février 2017, une manifestation était organisée en soutien à Théo.

 

Le peuple se mobilise. L’opinion publique s’indigne face à la violence, à l’injustice et aux abus de pouvoir.

Le travail de l’Etat est de rendre  justice à la mémoire de Zyed, Bouna, Adama et Théo, afin que des innocents ne subissent plus de violences policières. L’Etat doit  sévir et incarner les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité.

Ndeye Samb

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